Arthrose et Cure thermale
Maladie très fréquente, l’arthrose touche toutes les articulations : poignets, doigts, chevilles, orteils, genoux, hanches et la colonne vertébrale, des cervicales aux lombaires. Elle est due à une dégénérescence progressive du cartilage. Le risque augmente avec l’âge.
Quels sont les symptômes ?
L’arthrose se caractérise par des douleurs mécaniques, des raideurs qui provoquent une limitation progressive des mouvements. Par ailleurs, le malade peut souffrir de poussées inflammatoires qui entraînent aussi des souffrances et des réveils nocturnes. Enfin, l’arthrose peut provoquer une gêne esthétique (doigts tordus) qui handicape la vie sociale du malade.
Une bonne évaluation
Un examen clinique pratiqué par le médecin assoit le diagnostic. Il est complété d’une radiographie pour préciser l’étendue des lésions articulaires.
Le médecin évalue l’intensité de la douleur.
Il apprécie la gêne fonctionnelle à l’aide d’un questionnaire.
Il en recherche les origines qui peuvent être traumatiques, génétiques, biologiques ou mécaniques.
Quelle est l’évolution de la maladie ?
Elle est très variable selon les malades et résulte d’un déséquilibre entre les mécanismes naturels permanents de destruction et de réparation de l’articulation. L’évolution n’est pas
linéaire et ne conduit que rarement à l’immobilité.
Une bonne hygiène de vie favorise le ralentissement de la maladie. Ainsi, la perte de poids soulage la charge au niveau de l’articulation malade, diminuant ainsi la douleur. Une activité physique régulière, sans forcer, permet un entretien de la mobilité. L’utilisation d’une canne ou d’une orthèse économise l’articulation. Il est conseillé un apport équilibré en oligoéléments et vitamines à travers une alimentation saine.
Causes et facteurs de risque
Dans l’arthrose, la destruction du cartilage correspond à une fissuration de la surface vers la profondeur du tissu cartilagineux. Cette fissuration est liée à des phénomènes mécaniques, mais elle est également favorisée par des altérations biochimiques de la structure du cartilage.
Schématiquement, on peut considérer que l’arthrose est le résultat :
> De contraintes physiques anormales sur un cartilage normal (on n’en est cependant pas certain);
> De contraintes physiques normales sur un cartilage anormal;
> De la conjonction des deux situations précédentes.
Les principaux facteurs de risques suspectés sont :
Généraux : âge, poids, ménopause, autres rhumatismes (chondrocalcinose, hyperostose de Forestier…) ;
Génétiques : la notion d’arthrose familiale est bien démontrée pour les arthroses du genou, de la hanche et de la main. On parle alors de vices architecturaux congénitaux: par exemple, le genu varum qui touche plus fréquemment les hommes (les jambes prennent la forme de parenthèses) et le genu valgum chez les femmes (c’est la déformation inverse des jambes) ;
Locaux :
Traumatismes importants ou faibles à répétition (travaux pénibles, sports violents, lésion du ménisque… (notamment pour les footballeurs c’est l’arthrose du pied) ;
Anomalie de position de l’articulation (scoliose, malformation de la hanche, …) ;
Autres maladies osseuses ou articulaires localisées (séquelles d’arthrite, séquelles de fractures, maladie de Paget…).
A l’origine de l’arthrose interviennent de nombreux facteurs souvent encore mal connus. Cependant, le caractère génétique de l’affection semble prédominant. Il existe des familles d’arthrosiques et la maladie atteint plus fréquemment les femmes que les hommes. Par exemple, si certaines professions (travaux de force) sont plus exposées à l’arthrose que d’autres, tous les membres de cette profession ne feront pas d’arthrose (en partie en fonction de leur prédisposition génétique).
Le dépistage des anomalies articulaires congénitales, suivi d’une correction dans l’enfance, est d’une importance capitale pour éviter l’apparition d’une arthrose douloureuse à l’âge adulte.
L’obésité (ou le simple surpoids) est sans aucun doute un facteur favorisant l’apparition de l’arthrose au niveau des hanches et des genoux. Pourtant, des éléments contradictoires, non encore expliqués, existent :
Les sujets porteurs d’une arthrose des genoux font beaucoup plus souvent que les autres une arthrose des mains;
L’articulation de la cheville, pourtant elle aussi soumise à rude épreuve, n’est pratiquement jamais altérée chez les patients obèses.
Une prise en charge complète
Pour lutter contre la douleur au moment d’une poussée, le paracétamol puis, en cas d’échec, les anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l’aspirine ou l’ibuprofène sont prescrits. Les traitements locaux, gels et cataplasmes à diffusion de chaleur, peuvent apporter un soulagement.
Le traitement de fond repose sur des médicaments antiarthrosiques pendant 2 à 6 mois. L’injection d’acide hyaluronique retarde la réapparition des douleurs. Enfin, le lavage articulaire élimine les débris dans l’articulation. La rééducation permet d’entretenir l’amplitude des mouvements, lutte contre les déformations, renforce les muscles. Les cures thermales ont un effet bénéfique, tant au niveau des douleurs que de la mobilité. Le patient y apprend à mieux gérer sa maladie.
La chirurgie (prothèse) est la solution de dernier recours.
L’eau thermale : pourquoi, comment ?
En complément d’un traitement médical, le thermalisme soulage les douleurs et favorise la mobilité du malade.
> Effets :
la chaleur a un effet sédatif et décontracturant;
l’eau a un effet biologique, puisque le contact transcutané permet le passage des oligo-éléments vers le cartilage.
> Résultats :
diminution des douleurs, d’où une moindre consommation de médicaments;
amélioration durable : 6 à 9 mois;
meilleure mobilité;
progrès de la vie sociale;
meilleur suivi du traitement et des règles d’hygiène de vie;
évaluation de l’efficacité du traitement thermal par étude scientifique.





