Le tunnel A86 : Les arguments
Comment nos interlocuteurs justifient-ils aujourd’hui cet état de fait ? Ils nous ont présenté avec difficulté et après de nombreuses relances des arguments dont la minceur ne semblait pas les convaincre eux-mêmes
Les arguments que nous faisons valoir
- Un principe constitutionnel
Le principe d’égalité est mentionnée dans de nombreux textes constitutionnels :
Articles 1, 6 et 13 de la déclaration des droits de l’Homme de 1789.
Préambule de la constitution de 1946
Articles 2 et 3 de la constitution de 1958
Ce "principe constitutionnel d’égalité" a été décliné au fur et à mesure de la jurisprudence. Il a notamment inspiré le principe d’égalité des usagers devant le service public, dégagé par la jurisprudence du Conseil d’Etat dans les arrêts du 10 février 1928, Chambre syndicale des propriétaires marseillais, et du 6 mai 1931, Tondut.
Le principe d’égalité ne fait pas obstacle à ce qu’une loi établisse des règles différentes à l’égard de catégories de personnes se trouvant dans des situations différentes. Comme disait Aristote, « il n’y a pas pire injustice que de traiter également des situations inégales ». Ainsi, nous comprenons que les poids lourds, en raison de leur gabarit, ne puissent pas emprunter le tunnel, de la même manière que le transport de matières dangereuses soit interdit dans un souterrain long de 10 km.
Cependant, dans le cas des motos, non seulement aucun argument sérieux ne justifie leur exclusion d’un ouvrage reconnu d’utilité publique, mais surtout, cette mesure est sans précédent sur tout le territoire français ! - L’importance des 2&3RM
En France, le parc de deux-roues motorisés 125 cm3 et plus a connu une augmentation de 62% entre 1995 et 2005, selon les estimations de la Chambre Syndicale Nationale du Motocycle (CSNM). Cette augmentation est particulièrement sensible en Ile de France. Aujourd’hui, les deux-roues motorisés de 125 cm3 et plus représentent 1,177 million de véhicules. A Paris, la part des déplacements s’effectuant en deux-roues motorisés (de 50 cm3 et plus) représente 12% du trafic. Se couper des utilisateurs de deux et trois-roues motorisés entraînerait une incompréhension auprès du grand public donc un déficit d’image et d’exploitation. - L’importance du tunnel pour les 2&3RM
Le tunnel de bouclage de l’A 86 Est est fondamental pour assurer une meilleure sécurité des motards : en effet, la fluidité du trafic dans le tunnel et l’élimination du risque de choc frontal avec un véhicule arrivant en sens inverse assurent la sécurité des voitures, et bénéficieraient de la même manière aux 2&3RM. De plus, en cas d’intempéries, le freinage d’urgence en deux-roues peut se révéler hasardeux. La chaussée du tunnel restant sèche, elle procure un avantage supplémentaire aux 2RM.
Les arguments qui nous ont été opposés :
Comment nos interlocuteurs justifient-ils aujourd’hui cet état de fait ? Ils nous ont présenté avec difficulté et après de nombreuses relances des arguments dont la minceur ne semblait pas les convaincre eux-mêmes. Morceaux choisis :
- Le stress des automobilistes, les excès de vitesse et la remontée de file :
Nous compatissons aux problèmes de stress rencontrés par les automobilistes car nous les partageons. Afin de limiter ce stress, nous souhaitons que la route devienne un espace de partage et de respect pour tous les usagers. Les motards sont tenus aux mêmes règles de circulation que les voitures, c’est à dire une limite de 70km/h. Les nombreux contrôles prévus dans le tunnel seront dissuasifs. Par ailleurs, la régulation de la circulation prévue dans le tunnel évitera la création d’embouteillages. La remontée de file n’aura donc pas lieu de se pratiquer. - Oui mais plus tard :
M. Henri MASSE, Directeur de la défense de la sécurité routière au ministère de l’intérieur, nous a assuré en juin 2006 qu’un bilan allait être fait sur les première années d’exploitation en vue d’ouvrir le tunnel aux motocyclettes. Cependant, si ce bilan repose sur des données d’où sont exclus les deux-roues motorisés, comment tirer une quelconque conclusion ? Nous lui conseillons d’assurer la précision de ses données dès maintenant, en ouvrant le tunnel aux motos ! - Debout sur les cale-pieds ?
Ceci n’est pas un canular. Cette question a fait l’objet d’un débat lors de la rencontre des représentants de notre antenne des Yvelines avec ceux de la Commission interministérielle présidée par M. Pierre FARRAN, Ingénieur général des ponts et chaussées. Un motard debout sur ses cale-pieds risquerait de dépasser les 2m de hauteur maximale autorisée. La réponse est qu’un motard ne se met pas debout sur ses cale-pieds quand il roule, pas davantage qu’un automobiliste ne va regarder l’horizon par son toit ouvrant. En effet, les bras sont trop courts pour exécuter ces figures tout en tenant un guidon ou un volant…
Source : motardsencolere.com


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